Onirisme d'entreprise

Onirisme d'entreprise
J'ai regardé par la fenêtre,
Je n'ai vu que de la poussière
Et je me suis dit que peut-être,
Il n'y avait plus grand chose à faire.
J'ai allumé ma chère amie
Pour l'écouter me susurrer
Que ma planète était jolie
Et que toujours, ell' le serait.
Je suis resté là quelques heures,
Le temps que mes ongles grandissent,
Que mon corps ait un' drôl' d'odeur
Mélang' de sueur et de pisse.
Après, je me suis aspergé
De musc de bouquetin en boîte,
Je l'ai laissé me submerger,
J'étais propre comm' de la ouate.
Mes jours de repos ont filé
Comme le vent, j'étais heureux ;
La fin de l'inactivité,
Quand ell' sonne, c'est merveilleux !
J'ai pris mes pilul's colorées
Pour que mon entrain reste intact,
J'ai mis la cravate dorée
Que jalous'nt tant de mes contacts.
J'ai retravaillé mon sourire
(Que je perds en fin de semaine),
Avoir l'air gai me fait tenir
Quand je ne maîtris' plus mes peines.
Dans ma boîte en acier je roule,
Regarde serein et âme en fête,
Dans ma vraie maison je déboule,
Je reconnais toutes les têtes.
Ce sont mes amis, ma famille,
Renouvelés tous les six mois,
Et quand ils me voient, leurs yeux brillent,
Je sens tout leur amour en moi.
Ces deux jours nous ont éloignés,
Nous somm's ravis de nous revoir,
Je suis là pour leur enseigner
Tout' l'étendue de mon savoir.
Sans moi, ils seraient à la rue,
Leurs dents seraient jaun's et crasseuses ;
Heureusement qu'ils m'ont connu,
A présent, leurs vies sont joyeuses.
Je les comprends, je les écoute,
Je suis dev'nu leur confident,
Nous marchons sur la même route :
Cell' du succès, évidemment.
Je les laisse imiter mon style,
Histoir' de leur donner confiance,
Être un modèl' n'est pas facile,
Il faut avoir de l'assurance.
Il faut comprendre ses disciples,
Leurs histoir's, leurs rêves cachés
Pour que la méfianc' se dissipe,
Et tout ça sans trop s'attacher
Car malgré toute la douleur
Que cause la séparation,
Il faut être plein de rigueur,
Suivre la déstructuration.
Aujourd'hui, tout va pour le mieux,
Les rouag's glissent sans obstacle,
Notre futur paraît radieux,
C'est un magnifique spectacle
Que l'on joue presque tous les jours
Sans que personne ne proteste,
On suit les lignes du parcours
Sans trop se soucier du reste.
Les pieds calés sur mon bureau,
Je me regarde dans la glace
Et je me trouve tell'ment beau
Que je n'sens plus le temps qui passe.
L'excitation me prend soudain
Face à ce sublime reflet,
Je prends mon sexe dans ma main
Et le plaisir le fait enfler.
Je me caresse doucement
En songeant à mon existence,
Je n'ai ni femme ni enfant
Mais mon bonheur est tell'ment dense
Que tout le reste s'évapore,
Les arts et l'amour, peu importe !
C'est l'ambition qui me dévore
Depuis qu'ell' m'a ouvert sa porte.
L'extas' va bientôt exploser,
La sueur coul' sur mon visage,
J'ouvre les yeux pour m'observer
Mais un faciès rempli de rage,
Celui d'un de mes chers élèves,
Me fixe de ses yeux brûlants
Et me dit : "ce n'est pas un rêve"
Avant de plonger violemment
Une lam' de fer dans mon coeur,
La souffrance s'installe en moi
Et ronge tout mon intérieur,
Je vais mourir, je n'y crois pas...
Un sursaut et tout est fini,
C'est l'heure d'aller travailler
Alors je sors de mon grand lit
Pour retrouver mes employés.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 17:43

Eh merde.

Eh merde.
Eh merde, me rev'là à écrire sur ce blog à la con. Bah ouais, rien à faire ce soir. Fait chaud, j'ai plus de clopes, il me reste un peu de Pastis mais il faut absolument que je m'occupe. Alors comme j'avais pas envie de faire un truc bien foutu, je me suis dit que ce serait peut-être l'occaz' de faire revivre ce bon vieux blog. N'empêche, je me demande vraiment si y'a encore des lpustics qui zieutent tout ce merdier. M'enfin, comme je l'ai dit plus haut, ça m'occupera.
"Les jours passent comme des voitures", c'est la phrase d'introduction d'une chanson que j'écoutais quand j'étais marmot, vous savez, là, les Neg'Marrons, deux blackos qui chantaient avec leur nez. A l'époque, ça m'faisait kiffer, ça. Maintenant, beaucoup moins. Mais le souvenir embellit le truc. C'est vrai, ça, une chose dont on se souvient a beau être super moche, eh ben elle peut devenir belle dans not' caboche. C'est beau, c'que j'dis, non ? Bon, ça commence déjà à partir en yeucou. Tant pis, je continue. De toute façon, là tout de suite, j'ai rien d'autre à foutre. Enfin si, mais j'ai envie de rien faire. Me dites pas qu'ça vous arrive jamais, je vous croirais pas.
Alors, qu'est-ce que disais, déjà ? Ah ouais, l'année a passé drôlement vite, dis donc. J'suis de nouveau célibataire, ça fait presque trois mois, j'm'y suis habitué, j'avais oublié comment c'était, tiens. Ben en fait, c'est pas si désagréable que ce que j'imaginais. Au moins, la bite va où elle veut. Ouais, je sais, c'est de mauvais goût mais ça m'est venu comme ça. C'est spontané, hein, comme on dit.
J'me suis aussi barré d'mon ancien parti trosk... trotk... enfin d'extrême-gauche, quoi. Marre des élections. J'sais plus qui l'a dit mais si ça changeait vraiment la vie, ça fait un bail que ça s'rait interdit. Alors moi qu'ai milité comme un taré pendant deux ans, me v'là sans parti. Eh ben, camarade, j'te jure, ça fait du bien. Vive l'anarchie ! Au fond d'moi, j'savais bien qu'j'étais libertaire. Mais ouais, tous les p'tits-bourgeois-engagés sont libertaires, merde ! Du moins, ils devraient l'être pasque c'est fendard, j'vous dis pas !
En fait, y'a eu tout de plein de changements dans ma pauv' vie de gamin vingtenaire (presque). Je m'suis rasé l'crâne, ma barbe a enfin poussé (après toutes ces années à tirer dessus comme un gue-din pour qu'elle grandisse, il était temps)... Wow, putain, quels changements. Mais je mets toujours ma vieille casquette pourrie, elle est greffée à mon crâne, la salope.
J'me crâme souvent la gueule, normal, on arrive en période d'examens, faut bien évacuer le stress de convention, t'as vu. D'ailleurs, j'vais aller me resservir un pastaga en faisant semblant de fumer une clope (j'vais la penser très fort, p'têtre bien qu'elle se matérialisera).
Bécots à tous ceux qui passent par là.

# Posté le samedi 26 avril 2008 17:32

Dis donc, ça faisait un bout de temps. Pas mal de choses ont changé ces temps-ci...

L'amour, cette putain de machine mal huilée qui vous lâche de jour en jour pour finalement exploser et déverser des morceaux de chair et de métal sur une route dévastée par les années, serait-il un mythe reposant sur des critères sociaux définis par le système dans lequel nous vivons ? Depuis que nous sommes sortis de l'oeuf, on nous bourre notre boîte crâniennes de définitions ultra-précises et de clichés plus ou moins convaincants. On nous dit que l'amour est exclusif à une seule personne, qu'il est dirigé vers le sexe opposé ou vers le même sexe alors que nous sommes tous attirés par les deux. La caricature de l'amour que nous vivons nous fait renoncer à des tonnes de découvertes, de plaisirs et d'expériences en tout genre qui pourraient enrichir l'étendue de nos sens et nous faire apprécier l'existence au maximum. Les gens ont trop écrit là-dessus, il serait temps de le réinventer. L'idéal serait que l'on puisse contrôler notre cerveau afin d'être purement rationnels et d'oublier toute trace de sensibilité. Hélas, cette chose est impossible et nous priverait de tous les plaisirs de la vie. Alors il n'y a plus qu'à se frayer un chemin et à escalader toutes les belles dunes qui s'offrent à nous. Sans jamais se retourner sur les anciennes.
Qu'est-ce que c'est que ce truc qui fait pleurer, gerber, rire, sourire, jouir, hurler, ramper et bailler à la fois ? Qu'est-ce que c'est que cette putain de chose abstraite qui gouverne toutes nos pensées ? Est-ce plus qu'un simple instinct de reproduction ? Nous autres, animaux un peu plus évolués que la moyenne, tentons tant bien que mal de le trouver, de le retenir et de le faire grandir. Mais est-ce seulement possible ? Allez, laissons tomber tout ça, ça ne sert à rien. Consacrons-nous aux arts, aux petites beautés, aux bons petits plats et à la quête ultime de la connaissance ! Soyons au-dessus de cette perte de temps, soyons des intellectuels rationnels ! La belle affaire. S'il y avait une solution à ce problème, il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée.
Alors qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise, moi ? Pauvre petit amoureux éploré, aucun des mots que je trouverai ne te soulagera ni ne te redonnera un sourire franc et sincère. Ce sourire, il reviendra avec le temps. Les jours, les semaines, les mois vont passer et tu redeviendras le mec rigolo et un peu fou que tu étais il y a quelques temps. Tu bois, tu fumes, tu t'évades, tu vois des tas de gens qui te font oublier ta tristesse. Et dès que tu te retrouves seul, c'est reparti pour un tour. Un putain de manège interminable. Ça va bien et ça va mal, ça va mal et ça va bien... Où est la sortie de l'auberge ? Si je le savais, pauvre type, il y a bien longtemps que je te l'aurais dit.
Tu te vois dans le miroir ? Tu n'es pas très beau, non. Qui pourrait tomber amoureux de toi ? Il n'y avait qu'elle pour avoir des goûts aussi absurdes. Mais oui, il y en aura d'autres ! Mais est-ce qu'elles te satisferont ? J'ose espérer que tu sauras tirer un avantage de toutes les rencontres que tu feras, c'est ça qui te forge. Tu absorbes des choses dans ces rencontres. Tu en gardes certaines, tu en recraches d'autres. Tu craches tous les pépins de la pomme. Mais la pomme, elle te reste parfois en travers de la gorge. Et là, ce n'est pas facile, non. Tu noircis des pages, tu uses du papier, tu détruis la forêt d'Amazonie avec tes malheurs. Quelle connerie, l'amour ! Quelle escroquerie !
C'est fini, tant pis. Tu sais, ce n'est pas si grave. Tu as un toit, de quoi manger, des passions, des amis, des organes en bon état de fonctionnement, mis à part des yeux d'une myopie affligeante. Il y a pire. De toute façon, je le sais, tu n'es pas du genre à te lamenter, ce n'est pas ton style. Dis-moi, tu crois vraiment au premier paragraphe de ce texte ? Demain, tu auras sûrement changé d'avis. Tout ça, c'est de la théorie. L'amour libre, tout ça... c'est dur à faire fonctionner. Mais si le bonheur est là-dedans, pourquoi pas. Enfin, tous ces blablas ne t'aideront pas à trouver un quelconque bien-être. L'action, mon petit gars, L'ACTION ! Va faire la sortie des lycées pour draguer des petites minettes sur ta trottinette. Lis-leur tes poèmes, elles craqueront sûrement. C'est ta seule arme de séduction. Ce n'est pas grand chose mais ça peut marcher, tu sais, il suffit d'un peu de volonté.
Tu es face à un genre de renaissance. Ouais, c'est ça. Une renaissance. Tu t'es rasé la tête pour repartir à zéro. Tout est à reconstruire. Tu n'as même pas encore atteint le quart de siècle, tu as toute l'existence devant tes couilles. Alors sois fort et ne geins pas, ça ne sied pas à ton teint.

# Posté le dimanche 24 février 2008 18:20

P'tit coucou

P'tit coucou
Bon ben voilà. P'tit coucou à tous ceux qui continuent de venir ici. Je suis désolé d'être toujours sur Skyrock, c'est pas vraiment en accord avec ce que je pense mais j'ai pas encore eu le temps de changer. J'espère bientôt pouvoir faire un vrai site avec des chansons des Moineaux Justiciers, des articles sur l'actualité, des réflexions sur le monde, de la politique (alternative et très à gauche, bien entendu, on ne se refait pas...), peut-être des petits films, etc... En attendant, je vous donne quelques textes de chansons et un article sur le blocage des facs et les médias. A bientôt, tout le monde ! Bises à ceux que je ne peux pas voir aussi souvent que je le voudrais.

# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:17

Il pisseuh

Il pisseuh
Un chien qui boite
Regarde les gens
Passer commeuh
De gros éléphants,
Des automates
Un peu négligents,
Des p'tits hommeuh
Pas très élégants.
Dans une boîte
Dansent les amants,
Lui, il se gratte
Et pisse abondamment.

Refrain (X2) :
Il pisseuh, pisseuh, pisseuh
Et les humains croupisseuh.
Il pisseuh, pisseuh, pisseuh,
Heureux qui comme Ulysseuh.

Ce chien qui boite,
Ce toutou marrant
Mang' les tomates
D'un gros commerçant,
Et des patates,
Et des p'tits choux blancs,
Sur ses papattes,
C'est très salissant.
Une gross' chatte
Passe en minaudant,
Lui, il se gratte
Et pisse abondamment.

Refrain (X2)

Ce chien qui boite
N'a plus tout's ses dents,
Se carapate
Loin de nos tourments.
Les gens le matent,
Le trouv'nt dégoûtant,
Sa truffe est moite,
Je le trouv' touchant.
A gauche, à droite,
Il trottin' gaiement
Et puis se gratte
Et pisse abondamment.

# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:12