On y passe parfois

On y passe parfois
C'est une maison endormie
Qui se remet de temps en temps
A accueillir un peu de vie,
Le reste du temps, elle attend
Avec tous ses vieux souvenirs
Qui peuplent la plupart des murs
Et la vieille maison soupire
De ne plus vivre d'aventures.
Autrefois, il y avait des gosses
Qui gambadaient dans le jardin,
Ils riaient, se faisaient des bosses
Et parfois, s'écorchaient les mains
En sautillant sur l'herbe folle
Sous le regard un peu inquiet
De leurs parents, ces pots de colle
Qui avaient peur pour leurs mouflets.

Refrain :
On y passe parfois
Et on s'ennuie un peu
Mais on ne le dit pas,
On a grandi, c'est mieux
Qu'on reste bien gentils
Maintenant qu'on est grand,
Tristement on sourit,
On n'est plus des enfants.

C'est une maison qui craquelle
Dès qu'on y pose nos deux pieds
Et ces petits bruits nous rappellent
A quel point on y est discret.
Le vieux piano dans le salon
Ne chante plus depuis longtemps,
Il est un muet comme un poisson,
Je le regarde en espérant
Qu'un jour il se réveillera,
Plus accordé et plus joyeux ;
Pour l'instant, on n'y touche pas,
Il a mal comme un petit vieux.
Quelques photos en noir et blanc
Ont résisté à la couleur,
Dans les cadres, tous les enfants
Ont l'air d'être de bonne humeur.

Refrain

La vieille maison est maussade,
Il lui arrive de tousser,
Son jardin n'a plus de salades
Et tous ses murs sont fatigués.
La vieille maison n'est pas bien,
Elle voudrait qu'on la visite
Un peu plus mais on n'y peut rien,
Le temps passe beaucoup trop vite.

Refrain

# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:10

Le train fantôme

Le train fantôme
Te souviens-tu du train fantôme
Où je t'ai prise par la main ?
Nous n'étions encor' que des mômes,
J'effleurais ta peau de satin
Entre un vampire et un squelette,
Je me sentais pousser des ailes,
Et tous mes sens étaient en fête,
Moi, j'étais « il », tu étais « elle ».
Je sentais bon le Malabar,
Tu sentais la barbapapa
Et nous mangions un Carambar,
Toi caramel, moi chocolat.
Dans cette foire un peu foireuse,
Nous avons vécu tous les deux
L'un' des journées les plus heureuses
De notre parcours amoureux.

Refrain :
On était si bien tous les deux
Dans ce beau train fantôme,
Tu avais de si beaux cheveux,
Je sentais leur arôme.

Te souviens-tu du train fantôme
Où ma bouche a touché la tienne ?
A sueur coulait dans mes paumes
Quand j'ai osé te dir' « je t'aime ».
Au milieu des toil's d'araignée,
Je voyais des anges partout,
J'étais comme en train de rêver,
Dieu que ton visage était doux !
Je lisais l'amour dans tes yeux,
Tu lisais l'amour dans les miens,
J'avais l'impression d'être un dieu,
A part toi, il n'y avait plus rien.
Tu t'es blottie contre mon corps
Et tu m'as dit : « je t'aime aussi »
Et, comme monté sur ressort,
Mon organ' sanguin a bondi.

Refrain

Il n'y a plus de train fantôme
Mais à la place, un sale engin
Qui reproduit tous les symptômes
Des vomiss'ments du mal marin.
Ici, les gosses se tripotent
En fonçant à deux cents à l'heure
Et en riant avec leurs potes
Dans des attractions de malheur.
Il n'y a plus de toi non plus,
Dans le noir, tu n'me voyais pas,
Tu avais été très déçue
Quand on était sorti de là.
Mais moi, je n'ai pas oublié,
A chaqu'fois que la foir' revient,
Dans ce train, je vais sangloter
Et dans ma têt', je prends ta main...

Refrain
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# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:08

Surplace

Il a fermé sa tête
A ce qu'il ne comprenait pas,
A tous ces trouble-fête,
A ces inutiles tracas
Pour être bien au chaud
Dans tout ce qu'il connaît déjà,
Que ce soit vrai ou faux,
Il en est sûr, c'est déjà ça.

Il a cousu sa bouche
Pour ne plus répondre aux affronts,
Plus personne ne touche
A son cerveau, c'est sa prison
Et il s'y sent à l'aise,
Confortablement installé,
Loin des anciennes braises
Qu'il ne veut plus alimenter.

Refrain (X2) :
Figé dans le temps et l'espace,
Aujourd'hui, il fait du surplace.
Loin des espoirs d'un ancien temps,
Il n'est plus comme avant,
Il n'est plus comme avant.

Il a envoyé paître
Ceux qui voulaient changer les choses,
Non, il ne veut plus être
Celui qui vit, celui qui ose.
Il a déjà donné
Mais tout est resté immobile,
Pourquoi continuer ?
L'espèce humaine est imbécile.

Il a pris tous ses rêves
Et les a jetés au broyeur,
Le matin, il se lève
Et masque toutes leurs odeurs.
Les choses trop entières
Sont balayées de sa caboche,
Il oublie sa colère
Et garde les poings dans ses poches.

Refrain (X2)

Pont (X4) :
J'ai voulu essayer
De venir voir à l'intérieur
Mais je n'ai pas la clef
De toutes ses humeurs...
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# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:07

On ne mourra jamais

On ne mourra jamais
Il a l'air gentil, le monsieur
De la télévision.
Y'a d'la vérité dans ses yeux,
Ses yeux qui sont tout ronds.

Il a un costume qui brille,
Des cheveux tout luisants,
Il a une voix si gentille,
Il est tell'ment touchant.

Quand il nous annonc' les nouvelles
Avec son beau sourire,
On dirait que la vie est belle,
Qu'on ne peut plus mourir.

Refrain (X2) :
On ne mourra jamais
Et tout sera parfait !
On ne mourra jamais,
Le malheur n'est pas vrai !

On peut tous rêver et chanter
En regardant le ciel,
Danser sans jamais s'arrêter
Car notre vie est belle !

On peut tous voler comm' des anges
Sous un soleil radieux
Sans la laideur qui nous dérange
Alors soyons heureux !

Si vous voulez de la lumière,
Il ne tient qu'à vos coeurs
D'être tolérants et ouverts
A l'idée du bonheur !

Refrain (X2)

Il nous faut juste répéter
Continuellement
Que tout est beau, tout est gaieté
Depuis la nuit des temps...

Pont (X2) :
Alors souriez !
Souriez, souriez !
Allez, souriez
Et tout ira bien mieux !
Alors souriez !
Souriez, souriez !
Allez, souriez
Et vous serez heureux !
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# Posté le samedi 10 novembre 2007 10:03

Quelques années plus tard...

Je le connais, c'est un brave homme,
Il ne f'rait de mal à personne,
C'est un gars bien avec un' femme,
Un beau costume, une belle âme.
Il dit bonjour à ses voisins,
Il a des gosses et un p'tit chien,
Il est gentil comme un cann'ton,
Il ne tue mêm' pas les mouch'rons.
Il tond son carré de verdure
Avec un air qui me rassure,
Il est honnête et bien portant,
C'est un mari, pas un amant.
Il a les cheveux bien coiffés,
Je n'l'ai jamais vu picoler.
Il emmèn' ses gosses à l'école,
Tous les jours, il lave le sol
De sa maison, toujours brillante,
Il est beau et en plus, il chante
D'une voix tell'ment mélodieuse
Qu'à l'entendre, je suis heureuse.
Mais il est marié, quell' tristesse !
Il m'aurait rempli d'allégresse,
Moi qui ne jure que par lui,
Cet homme qui hante mes nuits.

Quelques années plus tard...
Y a-t-il encor' d'l'espoir ?

Ca fait maintenant bien longtemps
Que je l'aime secrètement
Mais je n'ai pas osé lui dire
De peur d'effacer son sourire.
Pourtant, l'autre fois dans la rue,
J'ai frisonné quand je l'ai vu
Car son regard si langoureux
A foncé tout droit dans mes yeux.
C'était vers moi qu'il avançait,
Ses bras musclés se balançaient,
Je n'ose mêm' pas vous décrire
Tout ce que j'ai pu ressentir.
Il a crié mon nom au loin,
J'ai accouru comme un lapin
Et il m'a dit d'un' voix virile :
« Vous savez, c'est très difficile
Pour moi de vous dir' tous ces mots,
Nous ne somm's pas des animaux...
Mais j'ai vu votre excitation,
Votre regard, votre passion
Et j'vous avoue que moi aussi,
Je veux partager votre lit ! »
En moi, mon sang a fait trois tours,
Je pouvais vivre mon amour !

Quelques années plus tard...
Courage, il faut y croire !

Il a très vite divorcé,
Deux mois plus tard, on s'est mariés.
C'était comm' le jardin d'Eden,
Il me traitait comme une reine.
Il me faisait des bons p'tits plats,
Il m'emmenait au cinéma,
On partait dans les plus bell's îles,
Tous les deux, on était tranquilles.
Il incarnait la perfection,
Il avait un corps d'Appolon,
Un esprit des plus ingénieux
Et un coeur bien trop généreux.
Trop magnifique et trop malin,
Trop amoureux et trop câlin,
Trop doué, trop intelligent,
Trop de bonheur et trop d'argent !
Les yeux trop bleus, la peau trop lisse,
Il aurait fallu que je puisse
Lui trouver un petit défaut,
Rien qu'un petit decrescendo
Mais j'étais bien trop énervée
Pour pouvoir encore l'aimer.
Je me sentais trop imparfaite,
J'ai mis mon coeur à la retraite.

Quelques années plus tard...
Le rêv' devient cauch'mar !

Alors pour me sentir plus belle,
Je suis allée dans les ruelles,
J'ai embrassé un gros monsieur
Qu'était pas beau mais pas trop vieux.
Il regard' la télévision
Tout' la journée à la maison.
Il n'a rien de vraiment plaisant
Mais tous les deux, on est content.
Pendant qu'il dort sur le divan,
Moi, je rejoins tous mes amants !
Des homm's que je n'aurais jamais
Pour moi tout' seul' car je le sais,
Les homm's sont plus apétissants
Quand on les voit de temps en temps,
Mêm' les parfaits sont détestables,
Qu'ils soient gentils, qu'ils soient serviables,
Moi, je m'en bats bien les ovaires,
En amour, je suis trop sévère.
Peut-être un jour, sait-on jamais,
Pourrai-je trouver et aimer
Un homm' qui puiss' me convenir,
Qui soit conforme à mes désirs.
En attendant, je veux tester
Tous ceux que je n'peux pas aimer !

Quelques années plus tard...
Encore une autre histoire !
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# Posté le samedi 10 novembre 2007 09:59