Toute nue

Nul besoin de dessous affriolants,
Ne t'encombre pas de tes vêtements.
Je ne pourrai pas tenir plus longtemps,
Ca fait bientôt cinq minut's que j'attends.

Nul besoin de tissu embarassant,
Sans rien du tout, c'est plus intéressant,
Ta nudité me suffit amplement
Et ta peau pâl' me comble largement.

Refrain :
Toute nue, toute nue,
Depuis que je t'ai vue
Toute nue, toute nue,
Je ne me retiens plus.

Nul besoin de ces deux bonnets barbares,
Ce qu'il y a en dessous, je veux le voir
Et l'on fera un joyeux tintamarre
Dans la lumière ainsi que dans le noir.

Sur le bord du lit, je te vois t'asseoir,
En me voyant m'agiter, tu te marres,
On va assassiner nos cauchemars
Jusqu'à très tôt ou bien jusqu'à très tard.

Refrain

Maintenant que tu as tout enlevé,
Je crois qu'c'est à mon tour de m'effeuiller.
Plus de tissu, non, plus rien de caché,
Deux corps qui brûlent de se rapprocher.

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:35

Je voudrais bien venir te voir

Je voudrais bien venir te voir
Tu n'es pas là et moi non plus,
La tête ailleurs, toujours en fuite,
Aujourd'hui, il a encor' plu
Et je n'ai mêm' pas pris de cuite,
Trop fatigué, trop lessivé,
Trop emmerdé par le réel,
Mes pensées n'peuv'nt plus dériver
Et la vill' n'est même pas belle.
J'ai mal au dos et au cerveau,
Je m'ancre dans le quotidien,
Je me lève beaucoup trop tôt,
Avant le début du matin.
Dès que je m'asseois, je m'endors
A des moments pas bien choisis,
J'entends la pluie couler dehors,
Même quand je suis assoupi.

Refrain :
Je voudrais bien
Venir te voir,
Sentir enfin
Un petit soir
Tes mains sur moi
Et puis ta bouche...
Mais faut déjà
Que je me couche.

Tu n'es pas là et moi non plus,
Toi aussi, tu trimes sévère,
Finie, l'errance dans les rues
Pour une durée temporaire.
C'était bien quand on se levait
Quand le soleil était bien haut,
Quand on avait le temps d'rêver,
Quand on regardait les moineaux.
Mais pour l'instant, faut turbiner
Et pour deux glandouilleurs comm' nous,
C'est pas facil', faut s'acharner...
Je l'reconnais, pour moi, surtout !
T'es très jolie mais j'te vois pas,
C'est pas très marrant comm' cach'-cache,
Que fais-tu pendant ce temps-là ?
Tu nettoies des milliers des taches...

Refrain

Tu n'es pas là et moi non plus,
Il ne s'arrêt' pas de pleuvoir,
En dessous de mes bras, je pue,
Un mois qu'j'ai pas vu un rasoir.
Et sur mon vélo tout mouillé,
Je vais bosser en haletant,
Mes cheveux sont plus que mouillés,
La sueur coul' sur mes vêt'ments.
Mais ne soyons pas rabat-joie,
Parfois, j'souris en pédalant
Devant les clébards qui aboient
Chaque fois que passe un enfant.
Parfois, la fraîcheur matinale
Me fouette et c'est très agréable
Et chaque fois que je pédale,
Dormir est plus que délectable.

Refrain
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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:34

Gratte

Gratte
Gratte la vie, enlève cette couche de vernis
Qui obscurcit tes sens et trompe ta raison.
Où vas-tu ? Que fais-tu ? Tu veux oublier
Ce que tes yeux ne peuvent plus supporter.

Maintenant, on dirait que tout est fini,
Ils ont tué leur vie pour leur ambition.
Où vas-tu ? Que fais-tu ? Tu veux effacer
Toutes les choses qu'on a voulu te faire gober.

Refrain :
Gratte la vie, gratte encore,
Gratte-la vite, gratte-la bien,
Gratte l'esprit et le corps,
Gratte le tout et le rien.

Les pilules s'alignent et dansent devant toi,
Les motifs des murs ont noirci pour toujours.
Où vas-tu ? Que fais-tu devant le chaos ?
Malgré toi, tu te dis que c'est pour bientôt.

Il est fini, le temps du monde qui croit
Que les hommes peuvent vivre d'eau fraîche et d'amour.
Où vas-tu ? Que fais-tu ? Tu pars aussitôt
Dans un monde reclus, loin de tes mégots.

Refrain

T'as gratté jusqu'à enlever la peinture,
T'as gratté, même en dessous de la ceinture,
T'as gratté, t'as jeté le monde aux ordures,
T'as gratté. Maintenant, t'attends le futur.
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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:31

Dans les yeux des passants

Dans les yeux des passants
Plongé dans les yeux des passants,
Qui se press'nt comme des oranges
Et que l'air asphixiant dérange
Dans un décor envahissant,
Je m'imagine leur histoire,
Je cherch' dans ces quelques secondes
De marche leurs visions du monde
Pour en retranscrir' la mémoire ;
Quelques lignes sur une feuille
Pour parler d'un homme d'affaires
Ou bien d'un gros sexagénaire
Qui de sa femme fait le deuil.
Peut-être font-ils la mêm' chose
Avec ma petite existence
Dont, comme eux, je cherche le sens
Avec une expression morose.

Refrain :
Tous ces homm's et toutes ces femmes
Transpirent tous le vague-à-l'âme,
Se pressent sur le macadam,
Se demandent ce qui se trame.
Tout's ces silhouettes volages
Plein's de tristesse et plein's de rage,
Au soleil ou bien sous l'orage,
C'est leurs détresses qu'ils partagent.

Petit humain en veste grise,
Petite femme aux airs mondains,
Petit garçon et petit chien,
Sur le bitume s'éternisent.
Bientôt ma quatrième bière,
Je ne bouge pas du troquet,
Sur ma chaise je suis bloqué
Devant les joies et les misères,
Qui ressemblent souvent aux miennes,
De tous ces héros anonymes,
Je trouve plein de synonymes
De leurs vies et puis de la tienne.
Qu'ils soient très laids ou qu'ils soient beaux,
Qu'ils soient ternes ou bien colorés,
Piquants ou bien édulcorés,
Ils me donnent des tas de mots.

Refrain :
Tous ces homm's et toutes ces femmes
Me transmettent leurs mélodrames,
Se pressent sur le macadam,
A Lille, à Marseille, à Paname.
Tout's ces silhouettes volages,
Tous ces citadins de passage,
Au soleil ou bien sous l'orage,
Je rencontre tant de visages.

Pont (X2) :
C'est la population qui roule
Sans tapis roug' qui se déroule.
Le bitume en guise de scène,
En plein coeur d'un' rivière humaine...
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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:29

Arrachés

Arrachés
Arrachés d'un utérus devenu bien trop étroit,
On grandit et on oublie qu'on bavait comme un cabot,
Qu'on urinait dans son froc et qu'on était pas très beau,
Un gros crâne sans cheveux et de minuscules doigts.

Quand on marchait sur le sol et qu'on salopait nos mains,
Quand on mettait l'araignée qu'on avait trouvée par terre
Dans notre bouche gluante, elle avait un goût amer
Mais au moins on y goûtait et on calmait notre faim.

Arrachés d'une maison qu'on connaît déjà par coeur,
On rencontre d'autres gens avec qui on fraternise
Et on apprend la douceur, la terreur et la bêtise,
On se construit un cocon et on s'abonne à la peur.

Et on change sans rayer de notre esprit en pagaille
Les craintes qu'on nous enseigne au nom de l'humanité,
Et on nous pond des devises enrobées de vanité,
Qu'on n'oublie jamais vraiment, même en baisant dans la paille.

Arrachés à nos consciences, plus coupables que capables,
Jouissant timidement de cadeaux empoisonnés,
Raisonner ou bien zoner, un mélange assaisonné,
Un banquet ou une miette autour desquels on s'attable.

Et ce bonheur impalpable, ce miracle tant voulu,
On le contemple de loin, on le convoite en silence,
On hésite et puis, d'un coup, finalement on se lance,
Il arrive que parfois, le malheur n'existe plus.

Arrachés à nos désirs, arrachés à nos angoisses,
Arrachés à notre monde, arrachés à notre tête,
Arrachés à nos victoires, arrachés à nos défaites,
Arrachés à notre chance, arrachés à notre poisse.

Arrachés à notre amour, arrachés à notre haine,
Arrachés à la bêtise, arrachés à la raison,
Arrachés à nos réponses, arrachés à nos questions,
Arrachés à la planète, où par millions on se traîne...
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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:28