Myspace

Voici, pour ceux que ça intéresse, le myspace des Moineaux Justiciers, tout fraîchement créé. (http://www.myspace.com/lesmoineauxjusticiers)

# Posté le lundi 25 juin 2007 10:18

Questionnements sans prétention sur le bonheur

Lorsque j'ai ouvert les yeux, on m'a souhaité la bienvenue. Moi, j'ai eu de la chance : on m'a dorloté, on m'a nourri, on m'a offert quelque chose de doux pour fermer les yeux lorsque j'en avais besoin. Une vie d'homme, ce n'est pas grand chose en comparaison de ce que peut être l'existence d'un univers tout entier. Il paraît que la mienne commence à peine. Et pourtant, même quand on vient de sortir de ce cocon qu'on appelle l'enfance, on a parfois l'impression que tout est joué, qu'il ne sert à rien d'espérer puisqu'on a déjà compris un certain nombre de choses.
On a vu, entendu, senti beaucoup de laideur, on a appris que l'humain est un animal à la fois prévisible et imprévisible. Toutes ces choses, nous les vivons de loin ou de près, nous mettons du temps à les comprendre, à prendre conscience de tous leurs aspects. Et, évidemment, même lorsque nous lâchons notre dernier souffle, nous n'en avons compris qu'une infime partie. Cette existence ne serait-elle qu'une longue quête de quelque chose que l'on ne peut nommer, une course à l'apaisement dont les obstacles sont nombreux mais dont la fin semble toujours s'éloigner un peu plus ? Il y a des tas de choses à voir sur cette planète, nous n'aurons jamais assez d'une vie pour toutes les explorer de fond en comble. L'exploration du comportement de nos contemporains, des contrées, du moi intérieur, des sentiments, du fonctionnement de l'espèce humaine est comme une sonde envoyée dans un trou noir. La sonde se dirige vers ce trou noir et, en passant, explore les planètes qu'elles croisent. Lorsqu'elle aura atteint le trou noir, elle se retrouvera dans un tout autre endroit totalement différent de celui qu'elle connaît déjà. Chaque jour apporte son lot d'expériences, de raisonnements et de sensations.
Au fond, nous le savons tous, nous ne sommes rien. Du moins, pas grand chose. Des êtres minuscules qui se bousculent pour se faire entendre. Certains arrivent par divers stratagèmes à capter l'attention et exposent aux autres leur vision du monde. Il y a sans doute autant de visions du monde que d'individus sur la terre. Cependant, je crois que nous pourrions conjuguer nos façons de voir les choses tous ensemble et nous en servir. Chacun peut exprimer des opinions, proposer des directions, ça va de soi, à titre individuel comme à titre collectif.
Malgré tout ça, l'observation de nos réactions nous pousse souvent à douter des autres et de nous-mêmes. On se dit qu'essayer de vivre en harmonie, c'est peine perdue puisque personne n'a jamais réussi à le faire. On se dit que les histoires d'amour ne durent pas, que c'est comme ça et pas autrement et que même les sourires qui ont l'air les plus sincères ne sont en réalité que des illusions. On se dit que les hommes sont naturellement mauvais et qu'ils n'ont que faire du sort de leurs semblables sauf si ceux-là présentent un intérêt pour eux. Beaucoup d'évènements nous poussent à être cyniques quant à notre avenir. L'étincelle apparaît très souvent mais le brasier est plus dur à alimenter. C'est effectivement très difficile de croire que le meilleur pourrait surmonter le pire, d'autant plus que les notions de bon ou de mauvais sont apparemment très floues selon la personne. Être d'accord avec soi-même est déjà quelque chose qui frôle parfois l'impossible. On s'éveille, on sort du lit et on se demande ce qu'on va faire, ce qui est le plus adapté à nos besoins, à nos envies mais aussi, lorsqu'on n'a pas encore sombré dans un égoïsme irréversible, aux besoins et aux envies d'autrui.
Le bonheur semble n'être que temporaire et est impossible à acquérir dans sa globalité, notre but est donc de s'en approcher le plus possible, le toucher et tenter, quand on l'a, de le garder auprès de soi, ce qui n'est pas chose facile, n'importe qui en conviendrait. De plus, quand on se croit heureux, il se trouve toujours un moment où l'on rentre dans un état d'esprit qui fait qu'on se dit que ce n'est pas normal, qu'il y a forcément quelque chose qui cloche quelque part. Est-ce une insatisfaction perpétuelle, un désir de je ne sais quoi jamais assouvi ? Sans vouloir sombrer dans la philosophie de comptoir, un désir est évidemment bien plus beau quand il n'est pas assouvi. Que doit-on faire dans ce cas ? La fatalité humaine nous dit qu'il n'y a, paraît-il, pas d'amour heureux, pas de société parfaite, pas d'amis éternels, pas de famille complètement unie. Même si ces choses étaient vraies, ce qui est probable, n'est-ce pas reculer que de les accepter ? Ce serait tellement plus simple, moins fatiguant, moins torturant, d'attendre que le bonheur nous tombe dans la main comme une pomme tombée d'un pommier. Malheureusement, cette conscience de soi proprement humaine semble nous condamner à une recherche perpétuelle de la connaissance, du bonheur, de la société idéale sans jamais nous permettre de parvenir à nos fins.
Par ailleurs, si le bonheur était si facile à posséder, il perdrait de sa rareté, et donc de son intérêt. Et il deviendrait une chose banale, routinière, sans le moindre intérêt. En gros, ce ne serait plus du bonheur. Alors quelle est la solution ? Sommes-nous face à une impasse ? Comment être heureux et faire en sorte qu'un nombre maximum de gens le soient aussi ? Il est d'abord vital de résoudre les problèmes vitaux que sont les besoins élémentaires. Nous vivons actuellement dans un monde où une immense majorité de l'humanité ne mange pas à sa faim. Pourtant, il y a assez de nourriture pour tout le monde, c'est une évidence que personne ne peut nier.
J'ai dans la tête la vision de petits humains décidant du sort de la planète, se disant que créer une monnaie faciliterait considérablement les échanges, qu'il faut choisir quelqu'un capable de donner des ordres pour que tout se passe le mieux possible, qu'on doit créer des frontières pour que les étrangers restent chez eux, etc... Imaginez ces petits humains au tout début du commencement, quand vous et moi n'étions que les descendants imaginaires des descendants de leurs descendants de leurs descendants... Ces voix seraient des grosses voix autoritaires mais parmi elles, il y aurait d'autres voix, peut-être plus petites, plus aigües, plus timides, qui ne seraient pas d'accord et qui diraient que tous les hommes doivent être solidaires et faire en sorte que chacun dipose de ce dont il a besoin et participe au bien-être d'une espèce intelligente débutante ainsi qu'à celui de la planète qu'elle occupe avec d'autres êtres vivants, tout aussi importants. Ces voix-là ont évidemment existé au cours des millénaires, des siècles et des années mais elles n'ont toujours pas réussi à s'imposer. Il ne tient qu'à nous de former un tremplin à toutes ces voix et de se joindre à elles à l'unisson, en oubliant notre scepticisme, ne serait-ce que partiellement. Le doute est omniprésent et fait partie intégrante de la vie humaine. Personne ne pourra rendre chaque être humain heureux. Mais il arrive un moment où il faut aller de l'avant et se dire que si nous ne le faisons pas maintenant, nous ne le ferons jamais. Persistons donc, malgré toutes les galères, les craintes et les folies de cette existence, à vouloir nous rapprocher le plus possible de cette chose abstraite et mythique que nous appelons « bonheur ».
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# Posté le dimanche 24 juin 2007 19:11

Des bisous

Des bisous
Week-end de réunion nationale des Jeunesses communistes révolutionnaires : 3 jours d'échanges, de formation intensive, de préparation à la rentrée. Il faut s'armer pour résister au projet d'autonomie des facs de Sarkozy, ami très chers de tous les grands de ce monde. Face à leur Union pour un Mouvement Populaire, créons l'union pour un mouvement PROLETAIRE !
Passage en deuxième année de licence arts et culture cinéma. Va falloir bosser pour arrondir les "faims de moi". Juillet s'annonce chargé en cris de bambins surexcités. Tourner un petit film avec eux sera certainement une expérience très intéressante. Août sera le mois rêvé pour vous voir tous et parler de tous nos espoirs, de nos déceptions et de notre vie de jeunes un peu paumés. Septembre sera, je pense, un voyage très enrichissant, on va visiter et voir de nos propres yeux ce qu'est le Cameroun, terre pillée et exploitée par les occidentaux et parcourir ses contrées en mobylette. Ensuite, fête dans notre nouvelle demeure, fief des JCR et des Moineaux Justiciers, où vous serez conviés.
Des bisous à tous !

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# Posté le dimanche 24 juin 2007 13:32

Rêvolution (suite)

CHAPITRE VINGT : UN GENRE DE POUSSIERE DANS L'OEIL

Dans quelques minutes, il va falloir y aller. Le trac est toujours là, comme d'habitude. Mais en plus de cette sensation, il y a cette peur de perdre tout ce qu'il a construit depuis plusieurs mois, tout ce qui a fait qu'il est devenu ce qu'il est maintenant. Tout ce qui s'est passé a été engendré par elle, tout vient d'elle, toutes les joies qu'il a connues, cette rehausse de la confiance en soi, cette envie de tout changer... tout vient d'elle. Si elle n'est plus là, tout s'écroulera probablement. Et il n'a pas envie qu'elle parte, surtout pas. Il pense à l'autre, aussi. Il revoit son sourire de satisfaction après qu'il l'ait traitée de simple erreur. Ce n'est pas qu'une simple erreur, non. C'est un être humain qui l'admire, qui l'aime, peut-être, et qui voulait lui montrer. Et lui, bourré, alcoolisé jusqu'à la moelle, déséquilibré par tant d'admiration, il s'est laissé faire. Peu de mecs auraient résisté, c'est sûr. Enfin, c'est ce qu'il se dit pour se convaincre que ce sont des choses qui peuvent arriver et que ce n'est pas si grave que ça, après tout. Il se demandait comment elle réagirait, pas l'autre, la première, celle qui dans ses pensées fait au moins dix fois la taille de l'autre, et encore. Maintenant, il le sait. De toute façon, il le savait déjà avant de lui dire mais il la croyait trop forte pour pleurer. C'est vrai qu'elle est forte mais ça ne veut pas dire qu'elle est insensible, loin de là. Sinon, ces deux-là ne se seraient pas retrouvés ensemble.
La lumière de la loge est trop forte, ça fait mal aux yeux, ça pique. Il a un genre de poussière dans l'oeil, c'est bizarre. Il ne faudrait pas qu'il pleure, c'est bientôt le moment de monter sur scène, ça serait con qu'il se ramène devant tous ces gens qu'il ne connaît pas en chialant comme un gosse. Il s'imagine la scène... "Bonjour, désolé, on peut pas jouer, je suis trop malheureux. A la prochaine, peut-être !" Non, vraiment, ça n'est pas possible. Il ne chialera pas, il ne chiale jamais. Et puis, avoir les yeux mouillés, ça veut pas dire qu'on pleure. N'empêche, c'est très chiant.
La porte s'ouvre. Diego, le visage souriant, apparaît.
- Salut, mec. Désolé du retard.
- Salut, vieux, répond David sans tourner la tête.
Diego s'approche et le regarde.
- C'est moi ou t'as les yeux rougis ? T'as fumé ?
- Ouais, ça doit être ça. On y va ?
- C'est parti.
David se lève et suit Diego, qui l'entraîne devant la scène. Ils entendent les gens hurler le nom de leur groupe. Et puis, c'est le moment d'y aller. Ils se pointent devant cette foule, qu'ils commencent petit à petit à apprivoiser. Les gens crient de plus belle. Diego prend place, David l'imite et prend le micro :
- C'est la première fois qu'on joue dans une salle aussi grande. C'est pas désagréable mais ça fout les boules, c'est le moins qu'on puisse dire...
Enorme clameur. Ils sont des milliers à être venus pour assister à ce concert. S'ils sont là, c'est qu'ils soutiennent tous le grand mouvement qui est en train de se préparer. David a l'impression que tout peut enfin basculer d'un moment à l'autre, il se sent utile comme une pierre au milieu d'un édifice qui commence à se construire. Il y a des tas de drapeaux rouges, de symboles anarchistes, de grandes figures de toutes les révolutions mondiales, des portraits de Che Guevara, de Jim Morrison, de Bob Marley, toutes ces grandes idoles rappelant à la jeunesse que les choses peuvent changer. Tout ça peut paraître un peu ridicule, évidemment. Mais tous ces signes représentent quelque chose de vrai et d'iminent, ce ne sont pas que des produits dérivés. Ils ont tous le sourire aux lèvres et attendent le moment où Diego et David commenceront à chanter.
- On est content que vous soyez là. C'est un peu bizarre, ce qui nous arrive en ce moment...
- Hé, mec ! Tu vas pas leur raconter ta vie ! lui chuchote Diego.
Il continue :
- Enfin, bon... Vous savez tous qu'il se passe des choses en ce moment. Alors on compte sur vous pour faire entendre vos voix, comme nous on fait entendre la nôtre.
Les premiers accords commencent à sortir de la guitare de Diego. En bas de la scène, ça commence à s'agiter. On écoute, on bouge, on vit ce concert en pensant que peut-être, ce bien-être ne sera pas que passager.
Tout en chantant, David pense à toutes ces choses qui composent son existence. Beaucoup de gens adoreraient être à sa place, il est sur scène devant une multitude d'inconnus qui l'écoutent et qui semblent le comprendre... Mais il y a un truc qui cloche. La joie de tous ces inconnus ne remplace pas la joie d'une seule personne, cette joie qui s'est taillée, semble-t-il, à cause de lui.
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# Posté le samedi 09 juin 2007 18:20

Tout ce qu'on imaginait...

Tout ce qu'on imaginait...
Depuis que cet homme est président, nous sommes tous dissidents. Il a décidé de tous nous décimer et les contours de la haine se sont dessinés. Nous sommes destinés à nous battre pour vivre tant la violence les enivrent, tous ces hommes qui nous poursuivent ne veulent pas qu'on vive. Je n'étais qu'un homme comme les autres, mais les hautes sphères ont dit que tout était ma faute, la mienne et celle de mes compagnons, traqués par millions. Peu à peu, l'absurdité de la haine trace son sillon. Si on veut s'en sortir, il faut se faire discret et surtout ne pas être distrait par les ruses dont ils usent pour nous faire croire qu'ils veulent notre bien. Quand la nuit vient, l'espoir revient. Nous sommes une multitude à refuser la servitude et nous avons la certitude que les choses vont changer. Bientôt, nous pourrons vivre, boire et manger à notre faim. Mais pour l'instant, on se bat en vain contre la secte des buveurs de vin et des adorateurs du camembert, qui a empesté l'atmosphère. Déjà plusieurs millénaires que mon peuple frise la crise de nerf. La colonisation a pris un nouveau visage, elle a maitenant l'image d'un homme en costume promettant de tous nous sortir du bitume. Mais nous ne marchons pas dans leur jeu, nous savons à quel point il est dangereux.

Tout ce qu'on imaginait était vrai, le futur effraie, l'horreur est beaucoup plus proche qu'elle ne le paraît. Ils se sont emparés du pouvoir. Ils veulent le garder ? Qu'ils essaient pour voir !

Je me souviens des heures chaudes de l'été, de tout ce que j'étais, de cette ancienne et innocente naïveté. Les premiers signes commençaient à apparaître. J'étais môme et en regardant par la fenêtre, j'ai vu des hordes de soldats remettre de l'ordre. A l'âge de raison, des hommes sont venus à la maison et ont emporté mes parents, prétextant d'une voix fermée que c'était la loi. J'ai demandé pourquoi, ils se sont tus et ont détourné leur regard, sans aucune compassion à mon égard. Alors je suis resté là à attendre, à entendre des choses que je ne pouvais pas encore comprendre. J'étais dépassé mais je savais ce qui se passait, j'ai vu des choses ressortir d'un passé dont on m'avait parlé à l'école, j'ai vu ma ville devenir folle, j'ai vu les rues se couvrir de barrières et les fenêtres de barreaux, j'ai vu des barrils d'essence prendre feu poussés par des visages avec de la rage plein les yeux. J'ai vu des cailloux contre des rafales de balles. A la télévision, on nous disait que tout était normal, alors qu'on savait très bien que ça finirait mal. Du haut de mes trois pommes, je regardais les hommes. Je vivais dans la rue avec d'autres gens comme moi, ceux qu'on appelait les clandestins, et dont le destin était de fuir la matraque. Et ce n'était que le début de leurs attaques...

Tout ce qu'on imaginait s'est produit, nous le vivons aujourd'hui, ceci est un témoignage pour vous montrer à quel point nous sommes réduits. La bête noire a proliféré, pour elle nous ne sommes que des pestiférés.

Beaucoup de mes amis sont partis loin de cette patrie devenue hostile, peu d'entre eux étaient dociles et se battaient pour pouvoir respirer. Mais la situation ne faisait qu'empirer. Leur empire était tellement grand que nos jambes ne nous portaient pas assez loin, et contre leurs armes nous n'avions que nos poings. Pour la population, nous n'étions que des parasites, comme des acariens dans un matelas, des bons à rien, des fanatiques à la haine satanique. Les médias se chargeaient d'alimenter la panique et réussissaient à convaincre les plus sceptiques. Leur chef était un homme dont l'ambition dépassait la raison et se présentant comme le sauveur de la nation. Sa passion était celle du pouvoir et ses idées étaient bien plus noires que ma peau. L'espoir vacillait et personne n'était là pour nous grâcier, on nous a gentiment remerciés en nous expliquant que notre place était ailleurs, on nous parlait de valeurs, de travail, de sécurité, d'identité et de tout un tas d'autres absurdités. Et ceux qui disaient vouloir nous aider se retrouvèrent tous atteints de surdité. Peut-être vous en souvenez-vous, braves gens ? C'était il y a à peine dix ans, quand vous avez choisi ce nouveau président...

Tout ce qu'on imaginait est devant vous. Qu'en pensez-vous ? En voulez-vous ? Regrettez-vous ?

# Posté le lundi 04 juin 2007 19:32