Un président compétant

N'y voyez pas une faute d'orthographe, ce président est vraiment compétant (les deux à la fois, en vérité, je me comprends...). Bientôt, des charters remplis de sans-papiers pas assez intégrés pour être français survoleront notre France bien-aimée. Si vous préférez les kebabs aux camemberts, préparez-vous à voir débarquer le GIGN dans votre cuisine... Oui, j'exagère, mais à peine... J'ai eu mal au ventre ce soir et je crois que beaucoup d'autres souffrent également de troubles intestinaux ou lacrymaux. J'ai beau me creuser la tête, je ne comprends toujours pas ce résultat. Ségolène Royal, pour qui j'ai voté, était évidemment loin de me satisfaire, mais avec elle, nous avions encore la possibilité de nous exprimer, de manifester notre mécontentement et d'affirmer haut et fort tout ce que nous pensons. Le "sang impur" est clamé dans les rues de Paris, ce sang impur, c'est celui des gauchistes, des anarchistes, des parias, des homosexuels, des handicapés, des immigrés, des sans-papiers, des punks, des squatteurs, des sans-abri et de toutes les personnes un tant soit peu sensées de ce pays enlisé dans une merde capitaliste et répressive. Je n'ai pas assez de jurons en stock pour pouvoir exprimer ce que je ressens mais je sais que l'espoir est toujours là, et que ce n'est pas seulement par les urnes, loin de là, que l'on peut faire changer les choses. Je me répète peut-être, comme tout militant de l'extrême-gauche, ces pauvres soixante-huitards qui ne comprennent rien au bon fonctionnement du monde, mais je suis convaincu que les institutions sont un tremplin vers les cieux pollués du règne des transactions fiscales. Les gros patrons se frottent les mains, ils vont pouvoir licencier à souhait. Les xénophobes sourient, ils ne verront plus ces jeunes racailles foutre la merde dans leurs rues. Les homophobes soupirent de soulagement, ils vont pouvoir tabasser des pédés en toute légalité et ils n'assisteront jamais au mariage de leur fils ou de leur fille si ceux-ci préfèrent leur propre sexe au sexe opposé, les chasseurs jouissent, ils ne seront plus emmerdés par les écologistes et leurs traditions seront respectées, Johnny Halliday pleure de bonheur, ses impôts seront considérablement diminués... Nous sommes des millions à ressentir de la rage, et même, oserai-je le dire, de la haine envers cet homme pro-Bush, ami de Berlusconi, de tous les gros patrons à la bedaine pleine d'euros et de dollars, dévoré par l'ambition du pouvoir, complètement hystérique quand il s'agit de combattre l'insécurité. Mais l'insécurité, mes chers cons patriotes, elle est d'abord sociale, bordel ! Il serait temps de comprendre que ce système court droit à sa perte, ruine les réserves naturelles de notre planète, privilégie l'argent à l'être humain et plonge le monde dans la guerre contre toutes les résistances, contre tous les opposants. Et ne nous arrêtons pas à la France, étendons le combat idéologique dans le monde entier. Nous savons tous que nos revendications sont parfaitement réalisables pourvu qu'on répartisse équitablement les richesses qu'une majorité produit pendant qu'une minorité en profite confortablement. Pas besoin de faire de la politique pour se rendre compte de ça. Il suffit d'avoir les yeux ouverts et d'observer, abasourdis mais pas impuissants, le désastre qui va s'opérer dans quelques jours. Réagissons maintenant, soyons encore plus pressés que lui !

# Posté le dimanche 06 mai 2007 16:12

...

J'ai comme une horrible envie de gerber...

# Posté le dimanche 06 mai 2007 14:07

Modifié le mercredi 16 mai 2007 04:22

La révolution amoureuse

A l'aube d'une vie d'adulte, on se demande souvent si les choix qu'on fait sont les bons. Se détruire la santé dans le tabac, le cannabis, l'alcool ou les jeûnes fréquents ne fait pas partie de mes objectifs mais je le fais quand même en me disant que ce n'est qu'une passade, comme beaucoup d'autres. Mon impatience me gâche parfois l'existence, la logique de l'excès est toujours ancrée en moi, même si je sais qu'il serait bon pour moi de l'atténuer. Le plaisir prime toujours sur la raison, quoi que je fasse. Mais j'ai trouvé il y a quelque temps un plaisir beaucoup plus vaste et fascinant à explorer, une sorte de bonheur ponctué de dépassements de soi-même, de partage absolu et de confiance en soi et en l'autre. L'autre, c'est elle. Elle, qui s'est pointée et qui m'a dit sans s'en rendre compte : "Sois heureux", bien qu'elle ne le fût pas plus que moi. Ces instants simples qui sonnent cliché et qui rappellent parfois des scènes qu'on aperçoit du coin de l'oeil mais qui sont tellement simplement belles qu'on a du mal à y croire ; ces instants où l'on fait abstraction du monde, ils me donnent l'impression qu'un million de choses sont possibles. Et cette "niaiserie pseudo-romantique" que je combat sans cesse me paraît bien plus vraie que la caricature que j'imaginais auparavant. On ne peut avoir de certitude quant au cours des évènements. Pourtant, on a parfois la conviction que l'écroulement d'un tel bien-être serait absurde... ce qui n'empêche aucunement d'envisager l'inverse, donc le pire, quand on perd confiance ou quand on tente de franchir un obstacle. Mais cet obstacle, une fois qu'on l'a réduit en bouillie de souvenirs, devient dérisoire. Lors de ces moments, on se dit que l'humanité n'a rien compris, qu'il suffit d'un sourire pour effacer toutes les crises de larmes du monde, que la bêtise néfaste de notre espèce n'est qu'un cauchemar. On s'imagine que la planète va se réveiller et que tous les êtres vivants vont goûter à la même joie que la nôtre. A quoi bon prendre des substances hallucinogènes quand la réalité nous en jette plein les yeux ? Toutes les horreurs apparaissent comme des problèmes faciles à résoudre. Et, même si ce sentiment n'est qu'une illusion, on souhaite de tout coeur faire disparaître les maux qui s'insèrent dans notre quotidien et dans celui de chaque humain. Elle fait disparaître le pessimisme, elle tue le cynisme, elle broie le mal-être peu à peu. Elle, c'est la révolution amoureuse.

# Posté le dimanche 06 mai 2007 12:32

Lunettes noires

Lunettes noires
Aveuglé par mes lunett's noires,
Je ne vois plus le paysage,
Que tous les autres aill'nt se fair' voir !
Ces idiots m'ont pris en otage
Dans une chambre bien trop grande
Aux rideaux bien trop somptueux
Avec des tentures qui pendent,
Et c'est censé me rendre heureux.
Le jour où j'ai pris ma guitare
Pour la toute première fois,
J'avais des rêves pleins de gloire
Mais je ne m'imaginais pas
Que j'arriverais où je suis
Au milieu de tout's ces figures
Et de tous ces cris de harpies
Qui pourraient fouiller mes ordures
Pour trouver un morceau de moi,
Un mouchoir rempli de ma morve,
Tous ces caniches qui aboient
Me contemplent de leurs yeux torves.

Refrain :
J'n'ai plus de pantalons troués
Et mes cheveux ne sont plus sales,
C'est embêtant, j'peux plus jouer
Sans que tous ces bisons s'installent
Nez-à-nez avec mes orteils
Qu'ils embrassent sans se lasser,
Ces imbéciles s'émerveillent
Et ils n'en ont jamais assez.

Je voulais juste être un chanteur,
Je suis devenu une idole
Mais à présent, j'ai bien trop peur
Et je n'ai mêm' plus de paroles.
Ils attend'nt ma prochain' chanson
Mais je n'ai rien à leur offrir,
Excepté mon minois mignon
Et quelques semblants de sourires.
J'ai troqué tous mes vieux vêt'ments
Contre les mêmes (en bien plus chers),
Je suis aimé par les enfants,
Les ados et les grabataires.
Mes rimes sont citées partout,
Dans tous les salons littéraires
Mais en vérité, je m'en fous,
Si je savais à quoi ça sert...
Tout était tell'ment plus facile
Quand mes chansons étaient bidon,
Quand tout l'mond' trouvait ça débile,
Je veux rentrer à la maison !

Refrain

Pont (X2) :
Redevenir un inconnu,
Un adolescent chevelu
Aux vieilles chemises qui puent,
Une guitar' désaccordée,
Des chansons bourrées de clichés,
Si je pouvais recommencer...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 06 mai 2007 12:17

Bouchons ou gadoue

Bouchons ou gadoue
Une gueul' parmi tant d'autres,
Ni diablotin ni apôtre,
Au milieu de la conn'rie
Qui gouverne mon pays.
Ni malheureux ni heureux,
Je n'suis pas né en banlieue
Mais dans la ruralité
Pleine de fatalité,
Où les gens aim'nt se cacher,
Fâchés et effarouchés
Devant les tignasses longues,
Ils préfèr'nt s'ronger les ongles
Plutôt que d'les saluer,
Leurs allur's les font suer.
Quand ils crois'nt des gens pas blancs,
Ils sourient et font semblant
D'être ouverts et sains d'esprits
Et les plus pieux d'entre eux prient
La Saint'-Vierg' pour que le borgne
Soit sans pitié, sans vergogne.

Refrain (X2) :
Gadoue ou bien bouchons,
Toujours autant de cons.
Toujours autant d'rêveurs
Rêv'nt d'aller voir ailleurs.
Bouchons ou bien gadoue,
A vrai dire, on s'en fout,
La bêtise, je pense,
N'a pas de préférence.

Un mélange de béton,
De forêts et de gazon,
Des chasseurs, des écolos
Un petit peu mais pas trop :
Vaut mieux pas le proclamer
A moins d'vouloir s'fair' plomber.
Des petits collèg's remplis
D'enfants déjà assombris
Par le gris terne du Nord,
Où la lumière s'endort.
Du chichon à la sortie
Pour les grands et les petits
Qui rêv'nt d'habiter ailleurs
Et de se barrer sur l'heure.
Mais y'a la Manche pas loin,
Où, quand on était gamins,
On se baignait en tremblant,
En faisant claquer nos dents.
Après, on mangeait des moules
Quand y'avait pas trop de foule.

Refrain (X2)

Cette région inconnue
Dont personne ne veut plus,
La seul' que j'avais connue,
J'ai rêvé tant que j'ai pu
Que j'allais vivre au soleil
Et connaître un autre ciel.
J'aurais bientôt dix-neuf ans,
Je vis en vill' maintenant
Mais les gens y sont les mêmes,
Je ne sais plus ce que j'aime :
La gadoue ou les bouchons ?
Baud'laire avait bien raison,
On n'est bien qu'à l'extérieur
Du monde et de ses odeurs
Aux effluv's d'intolérance,
De vin, de fromage rance.
Et même le gris s'immisce
A Cuba et à Tunis,
Et même le gris s'insère
Au coeur des rayons solaires.

Refrain (X2)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 06 mai 2007 12:06