La Rage, Keny Arkana : merci pour cette révolte verbale !

La Rage, Keny Arkana : merci pour cette révolte verbale !
La rage du peuple {x4}

Ok, on a la rage mais c'est pas celle qui fait baver,
Demande à Fabe, la vie claque comme une semelle sur les pavés
La rage de voir nos buts entravés, de vivre en travers,
la rage gravée depuis bien loin en arrière
La rage d'avoir grandi trop vite
Quand des adultes te volent ton enfance.
Pah ! Imagine un mur et un bolide
La rage, car impossible est cette paix tant voulue,
La rage de voir autant de CRS armés dans nos rues
La rage de voir ce putain de monde s'auto-détruire
Et que ce soit toujours des innocents au centre des tirs
La rage car c'est l'homme qui a créé chaque mur
S'est barricadé de béton, aurait-il peur de la nature ?
La rage car il a oublié qu'il en faisait partie
Désharmonies profondes mais dans quel monde la colombe est partie ?
La rage d'être autant balafré par les piquants des normes
Et puis la rage, ouais la rage, d'avoir la rage depuis qu'on est môme.

{Refrain:}
Parce qu'on a la rage,
On restera debout quoi qu'il arrive,
La rage !
D'aller jusqu'au bout et là où veut bien nous mener la vie,
Parce qu'on a la rage
On pourra plus se taire ni s'asseoir.
Dorénavant on se tiendra prêt parce qu'on a la rage, le coeur et la foi
Parce qu'on a la rage,
On restera debout quoiqu'il arrive
La rage !
D'aller jusqu'au bout de là où veut bien nous mener la vie,
Parce qu'on a la rage
Rien ne pourra plus nous arrêter
Insoumis, sage, marginal, humaniste ou révolté

La rage parce qu'on choisit rien et qu'on subit tout le temps
Et vu que leurs choix sont bancals et bah tout équilibre fout le camp
La rage car l'irréparable s'entasse depuis un bout de temps
La rage car qu'est ce qu'on attend pour se mettre debout et foutre le boucan ?
La rage, c'est tout ce qu'ils nous laissent, t'façon, tout c'qui nous reste
La rage, combien des nôtres finiront par retourner leur veste
La rage de vivre et de vivre l'instant présent
De choisir son futur, libre et sans leur grille d'oppression
La rage, car c'est la merde et que ce monde y adhère
Et parce que tout leurs champs OGM stérilisent la terre
La rage pour qu'un jour l'engrenage soit brisé
Et la rage, car trop lisent "Vérité" sur leur écran télévisé
La rage car ce monde ne nous correspond pas
Nous nourrissent de faux rêves pour placer leurs remparts
La rage car ce monde ne nous correspond pas
Où Babylone s'engraisse pendant qu'on crève en bas !

{au Refrain}

La rage d'y croire et de faire en sorte que ça bouge
La rage d'un Chirac, d'un Sharon, d'un Tony Blair ou d'un Bush
La rage car ce monde voit rouge mais de grisaille s'entoure
Et parce qu'ils n'entendent jamais les cris lorsque le sang coule
La rage, car c'est le pire que nous frôlons
La rage, car l'occident n'a toujours pas ôté sa tenue de colon
La rage car le mal tape sans cesse trop
Et que ne sont plus mis au goût du jour tant de grands savoirs ancestraux
La rage, trop de mensonges et de secrets gardés
L'élite de nos Etats, riche de vérité pouvant changer l'humanité
La rage, car ils ne veulent pas que ça change hein
Préférant garder leurs pouvoirs et nous manipuler comme leurs engins
La rage, parce qu'on croit aux anges
Et qu'on a choisi de marcher avec eux
La rage parce que mes propos dérangent
Vois aux quatre coins du globe, la rage du peuple en ébullition
La rage, ouais la rage, ou l'essence de la révolution

{au Refrain x2}

"La lutte est comme un cercle, elle peut se commencer à n'importe quel point mais elle ne se termine jamais.", Sous-Commandant insurgé Marcos

# Posté le samedi 28 avril 2007 05:45

Notre idéal

Notre idéal
Deux amis sur une colline,
Face à un ciel vertigineux,
Avaient tous deux de tristes mines
A caus' d'un mal faramineux
Qui rongeait tout leur univers
A coups de billets assassins,
Leur monde tournait à l'envers
Dans un climat plus que malsain.
L'un était vieux et fatigué,
Avait lutté toute sa vie,
Avait un grand front tout ridé
Et il exposait son avis
A son cadet, qui était vif
Comme un jeune lion affamé,
Plein d'idéaux et subversif,
Prêt à rêver et à s'armer,
Remplie d'une espéranc' montante
Malgré ce poignard dans son dos.
D'une voix un peu tremblotante,
Le vieux lui dit ces quelques mots :
"Notre idéal se fait la malle,
On lui a dit qu'il était vieux,
Trop vieux et pas assez brutal
Pour satisfaire les envieux.
Notre idéal, il est ringard,
Le drapeau rouge est tout souillé,
Ces gens n'ont plus le mêm' regard
Et ils ont peur de se mouiller.
Notre idéal en prend un coup,
Il a des gnons sur le visage,
Il est usé et bien trop fou,
Ils disent qu'il a fait naufrage.
Notre idéal, il est fauché,
Il se nourrit d'un peu d'espoir,
Les décennies l'ont amoché,
On nous dit d'aller nous fair' voir.
Notre idéal, on n'en veut plus,
Les camarades sont blasés,
Sur leurs idées, il a tant plu
Que leurs visages sont usés.
Notre idéal est mal en point
Après tant d'années de combat,
On pleure en consumant nos joints,
On laisse tomber les débats.
Notre idéal, on l'a tué
Avec un fusil à dollars,
Le rêve rouge est embué
Par un invincible cauch'mar."
Ce vieillard avait tout appris
A ce jeune homme révolté,
Ce jour-là, il payait le prix
Des rêv's qui avaient éclaté.
Mais le jeune homme, un peu déçu
Mais pas résigné pour autant,
Tenta de prendre le dessus
Et répondit en bégayant :
"Notre idéal, il est miné,
Je ne peux pas te contredire
Mais la lutt' n'est pas terminée,
Cessons de vouloir le "moins pire".
Notre idéal, il a payé,
Plus d'un' fois, nous somm's parvenus
A provoquer, à réveiller
Les exclus qui n'y croyaient plus.
Notre idéal est bien vivant,
Des millions d'hommes et de femmes
Veul'nt réagir en ravivant
Nos idéaux et notre flamme.
Notre idéal n'est pas perdu,
On a encor' besoin de nous,
Dans les champs, dans toutes les rues,
On n'veut plus du règne des sous.
Notre idéal, j'y crois encore,
Et je sais bien qu'au fond de toi,
Tu veux toujours changer le décor,
Tu sais, je le sens, je le vois,
Notre idéal, tu l'alimentes
Depuis bien plus longtemps que moi,
Il ne faut pas que tu te mentes,
J'y crois, tu y crois, ils y croient.
Notre idéal est toujours là,
Nous savons que, quoiqu'il advienne,
Mêm' si tu es usé et las,
Ta révolution est certaine."
S'ensuivit un très long silence,
Les deux amis se souriaient,
Tous les deux, sous un ciel immense,
Tous les deux, ensemble, ils rêvaient
Que nos idées, les mienn's, les vôtres
Devenaient un' réalité,
Que pour vous et pour tous les autres,
Ce grand cauchemar s'arrêtait...
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# Posté le lundi 23 avril 2007 09:20

A l'aube d'une présidence capitaliste de gauche ou capitaliste de droite...

A l'aube d'une présidence capitaliste de gauche ou capitaliste de droite...
Après des tonnes d'images matraquées sur les petits écrans de ces hommes et de ces femmes habitant ce pays complètement capitalisé qu'est la France, après des publicités pour des partis s'apparentant plus à des marques de corn-flakes qu'à de vraies idées, après des sujets esquivant les vraies questions et poussant les uns à la haine des autres, après une analyse très poussée des cols roulés de Nicolas Sarkozy et des tailleurs de Ségolène Royal, après les aboiements de certains, les bâillements des autres, la lassitude d'un système électoral pourri jusqu'à la moelle, le premier tour de l'élection présidentielle française de 2007 vient de se clore. Les idées révolutionnaires récoltent à peu près 7 % des voix (Lutte Ouvrière + Ligue communiste révolutionnaire)et celles de la gauche de la gauche en totalisent près de 10 %. Ces élections ne surprennent personne. Et l'action ne doit en aucun cas se limiter au vote. Dans deux semaines, j'irai voter Ségolène Royal malgré mon désaccord avec le Parti Socialiste. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut soutenir ce "libéralisme de gauche" qui en réalité ne changera pas grand chose à la société. L'objectif est de battre Nicolas Sarkozy, qui ne nous offrira rien de bon sinon l'occasion de nous révolter et de nous mobiliser dans la rue. Il faut appeler cette gauche molle à se gauchiser et continuer la lutte, quelque soit le résultat du 6 mai.

# Posté le dimanche 22 avril 2007 17:02

Modifié le lundi 23 avril 2007 07:00

Affectueusement

Affectueusement
Entre le cinéma, les cours, le slam, les concerts, les enregistrements, l'écriture du roman, les beuveries amicales, les envolées romantiques, les meetings, les collages d'affiches, les réunions politiques, j'ai pas trop le temps de m'ennuyer et de mettre ce blog à jour. Si j'étais un de ces jeunes chébrans qui portent des T-shirt à rayures, je dirais que je suis overbooké. Mais je trouve toujours du temps pour glander... forcément. J'embrasse tous ceux que je ne vois pas souvent (ceux qui ont le net, cela va de soi) et que je ne peux pas appeler parce que mon crédit fait défaut et que je claque le peu de thunes qui me restent après les avoir dépensées en cinéma, en bière, en bouffe et en clopes. Bisous baveux, donc, à Nimo, à Laura, à Julian, à Aurélia, à Florian, à Pom Pom, à Olivier, à Maxime, à Anaïs, à Julien (sait-on jamais, si tu passes par là...), à Jonathan (ah ben t'as pas l'net, en fait...), à Hélène, à Alex, à Gwen, à Lyse, à Thomas et à Fanny. Vous me manquez tous, je vous oublie pas. Affectueusement, Simon le moineau déplumé.

# Posté le vendredi 30 mars 2007 20:34

Le poète de la rue des malandrins

Dans cette rue étroite,
Pavée et pas très droite,
Il n'est pas difficile
De trucider tranquille.
La rue des malandrins
Est bourrée d'assassins
Armés jusqu'au calbute ;
Quand les clients des putes,
Tout pleins d'or jusqu'aux couilles
Viennent ici, ils mouillent
Leur slibard de pipi,
Ils n'ont pas de répit
Car dès leur arrivée,
On a les yeux rivés
Sur leurs beaux yeux candides
Attendant le torride,
La fièvre de ces femmes
Qui ont vendu leurs âmes.
Mais ils ne savent pas
Qu'il y a d'autres gars
Qui ramassent la thune
Sous ce beau clair de lune :
Les putes sont mariés
Et sont les salariées
De leurs très chers époux,
Leurs cheveux pleins de poux
Sont caressés gratis
Mais pas leur clitoris.
Dans une rue cachée,
Les coeurs sont arrachés
Par la passion du crime
Et inspirent mes rimes.
Je suis un vagabond
Et je cherche du bon,
Du bon sensationel,
Pas de l'occasionel,
Plutôt du permanent,
Plutôt de l'imminent :
Pour pimenter mes vers,
Je regarde les vers
Se disputer le corps
D'un pauvre quidam mort
Et, perché sur un toit,
J'écris ce que je vois.
J'entends les cris des gens
Qu'on tue pour de l'argent,
Les soupirs de plaisir,
Les semblants de désir
Simulés par les putes
Que les bourgeois culbutent
Juste avant de crever,
Après avoir rêvé
Qu'ils étaient des Eros,
Ils tombent sur un os :
Dès qu'ils sont rhabillés,
On prend tous leur billets.
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# Posté le vendredi 30 mars 2007 18:25